«St. art» – Le sport sanctifié par le cirque

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"St. art" - Photo Cirk La Putyka
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"St. art" - Photo Cirk La Putyka
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"St. art" - Photo Cirk La Putyka
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Martin Kadrnožka et Charlie Wheeller à la roue Cyr dans "St. art" à la TOHU - Photo JF Savaria
14 juillet 2026,

Françoise Boudreault

Vue en 2023 à la TOHU pendant pendant Montréal Complètement Cirque avec l’impressionnant Runners, le Pragois Cirk La Putyka revient au festival avec St. art, une création percutante inspirée par le sport, l’ambition et le dépassement de soi. Dès l’entrée en salle du public, le metteur en scène Rostislav Novák revêt le costume d’une créature poilue, mascotte olympique revisitée ou improbable animal préhistorique, contemporain du dinosaure, comme on qualifierait certaines personnes dépassées par les avancées technologiques liées au sport. Au début de la représentation, les interprètes immobiles comme des statues semblent exprimer à la fois l’exultation d’une victoire glorieuse et la douleur parfois paroxystique des sportif·ve·s de haut niveau pendant ou après leur performance.

St. art met en scène neuf interprètes qui donnent dans le jeu théâtral ou physique, la danse, le sport et l’acrobatie, évidemment. Parmi elles et eux, Matyáš Novák, trampoliniste de haut niveau et fils du metteur en scène, qu’on voit en action dans une scène prenante, répétant certaines figures avec obstination ou encore excellant au lancer du javelot. Virtuose de la roue Cyr, apprécié notamment au Cabaret du Monastère à Montréal, l’excellent et stylé Charlie Wheeller fait aussi partie de la distribution. Costumé en gladiateur et jouant l’entraîneur vociférant depuis l’antiquité pour éperonner les athlètes, on voit aussi le Britannique en solo et en duo avec Martin Kadrnožka à la roue Cyr dans un tableau impressionnant où les acrobates commencent leurs mouvements dans l’obscurité avant que s’allume l’éclairage zoné.

Couleur de la sanctification chrétienne, le blanc abonde dans St. art : le tapis de danse au sol, les immenses pans mobiles de la scénographie, l’omniprésente bête sympathique ou certains costumes comme ceux de la chorégraphie basée sur des mouvements d’arts martiaux et de lutte olympique. Dans ce moment captivant du spectacle on voit des duos de lutte apparemment infatigables exécutant des figures emboîtées, des gestes rapides, précis, des arrêts sur image. Avec le son des anneaux de métal aux circonférences variées qui s’entrechoquent, la séquence aérienne est particulièrement intéressante avec les anneaux évoquant ceux du drapeau olympique, auquel on pense à cause de la tenue de l’acrobate. Le dispositif acrobatique unique induit un langage inédit avec des manipulations pour différents agencements des cerceaux. Mentionnons en passant la contribution de deux concepteurs québécois à cette récente création de la compagnie tchèque : les entraîneurs acrobatiques Nico Lagarde et André St-Jean.

St. art se termine par la venue en avant-scène de sportif·ve·s avec leur équipement, l’une avec son kayak et sa jupette, l’autre en escrimeur, cycliste avec son vélo et même le gardien de but du Canadien de Montréal ! St. art parle aux amateurs de sport d’élite ou d’équipes olympiques tout autant qu’aux amateurs de cirque avec une extrapolation expressionniste, une mise en relief scénique où le vocabulaire et l’imagerie de plusieurs disciplines sportives s’intègrent au cirque contemporain. Mais surtout, Cirk La Putyka nous fait connaître et apprécier une pratique de création circassienne en provenance de la Tchéquie comme on en voit peu, avec une signature forte.

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