Françoise Boudreault
Après sa première mouture en 2009 et presque 1000 représentations à travers le monde, le Cirque Éloize a remis sur la route une mise en scène de Jeannot Painchaud rebaptisée iD Évolution. Exit les décors et costumes originaux disparus en 2024 lors de l’inondation de l’entrepôt d’Éloize. La production relookée bénéficie de la griffe du cofondateur de Tentacle Tribe avec Emmanuelle Lê Phan, Elon Höglund, pour les chorégraphies des B-Boys, de la B-Girl et des acrobates de la production. Avant de revenir au Québec, iD Évolution a tourné dans plusieurs pays d’Europe.
Sur fond urbain, deux bandes rivales s’intimident, s’invectivent et se bousculent. Dès le début, s’installe une ambiance agressive, dont on ignore les enjeux, appuyée par la musique aux basses rugissantes qui font vibrer le plancher et les sièges des premières rangs de la TOHU. On ne rigole pas, mais les trois femmes et six hommes de la distribution arriveront à calmer les tensions de départ au fil de la représentation. Une rose rouge offerte par un homme à une femme scellera la réconciliation entre les clans.
Dans iD Évolution, les numéros se succèdent au son de la musique pulsée de Jean-Phi Goncalves et Alex McMahon sur laquelle on assiste à des numéros dans plusieurs disciplines : roue Cyr, contorsion, cerceau aérien – avec la dynamique Kaity Mussio –, trampoline, équilibre sur chaises, mât chinois, tissu aérien, corde à sauter, sans oublier le vélo trial qui fait beaucoup réagir le public. À travers les acrobaties et les exploits dansés des B-Boys, les interprètent se regroupent, parfois entre femmes ou entre hommes. Les artistes ont fait le plein d’énergie et la partagent généreusement avec les spectatrices et spectateurs.
Pendant un moment apaisant où se met en place la trampoline pour le numéro final, la danseuse de hip-hop et freestyle WORD demande au public de lui fournir un mot pour composer en direct les paroles d’un spoken word. La trop brève chorégraphie de cette rappeuse en duo avec la gracile acrobate Arielle Gorodetskaya – cette dernière très active pendant tout le spectacle – amorce une rencontre originale entre le break danse et le cirque, mais nous a laissé sur notre faim.
La première version, qui s’intitulait simplement iD, proposait des numéros jumelant un·e danseur·euse avec un·e acrobate : un dialogue entre tissu aérien et patins à roues alignées, par exemple. Des liens de proximité se créaient dans le mélange entre la danse de rue et l’acrobatie avec une sensation d’échange et de réciprocité plutôt que d’antagonisme. Le tableau final était bluffant avec des projections qui masquaient ou faisaient apparaître les fenêtres d’un mur d’où entraient et sortaient les acrobates après ou avant de rebondir sur la trampoline. Dans iD Évolution, ce sont des tréteaux, à travers lesquels on voit des projections pendant la représentation, qui servent de plateformes pour le numéro de trampoline qui termine un spectacle plein d’énergie et de décibels.
Avec le dynamisme contagieux de ses interprètes et son rythme soutenu, iD Évolution plaira aux amateur·e·s d’acrobaties et de danses urbaines de tous les âges.