«Nos espoirs furieux» – Futur au présent

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Patrick R. Lacharité, Yuma Arias, Manon Lussier, Stacey Désilier, Daniel Stefek et Chloé Barshee dans "Nos espoirs furieux" de La Fratrie - Photo Maxim Paré-Fortin
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Daniel Stefek dans "Nos espoirs furieux" de La Fratrie - Photo Maxim Paré-Fortin
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Patrick R. Lacharité, Yuma Arias, Stacey Désilier, Manon Lussier, Chloé Barshee et Daniel Stefek dans "Nos espoirs furieux" de La Fratrie - Photo Maxim Paré-Fortin
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Patrick R. Lacharité dans "Nos espoirs furieux" - Photo Maxim Paré-Fortin
14 septembre 2026,

Françoise Boudreault

Au son d’une pulsation sourde, une jeune femme se détourne avec dégoût d’une scène que le public ne voit pas. Mais elle ne peut s’empêcher de ramener son regard pour fixer à nouveau ce qui lui fait détourner la tête, encore et encore. Jusqu’à quel point peut-on endurer ce qui est insupportable ? Nos espoirs furieux pose cette question et d’autres qui touchent l’état du monde, la parentalité, les liens familiaux, l’amitié ou l’amour dont la vie est faite. Dans un espace en chantier, tout blanc au début, le texte prend d’abord place dans la bouche d’un jeune homme et de sa fiction qui se mêle à la réalité. Cet environnement sobre, immaculé et inachevé sera habité par des personnages forts, il sera taché de noir et un mur de plâtre sera brisé pour révéler une brèche. Une longue robe noire s’ouvrira pour irradier des rayons lumineux, une jolie trouvaille qui amène littéralement un moment de réflexion. Quelle est la source de ce qui émane de l’apparence d’une personne ? Et comment se projeter dans le temps et la réalité actuelle ?

Dans cette création multidisciplinaire, la Fratrie adopte le cirque, surtout l’acrodanse, pour ajouter une force à la répétition. Yuma Arias et Daniel Stefek montrent des corps humains qui se cambrent, se déploient, se plient ou se poussent au-delà des limites habituelles. Le cirque n’est pas au centre de cette récente création de La Fratrie, mais la mise en scène démontre sa pertinence pour enrichir un propos dramaturgique.

Alex Trahan a inventé six personnages en quête de hauteur, d’idéal et surtout de mieux être, perturbés par les tares de nos sociétés, mais exaltés par la résonance de leur indignation et peut-être aussi par l’espoir d’une potentielle résilience. Ils et elles soliloquent, dialoguent et interagissent avec conviction, insistant sur des mots ou des phrases en mode ostinato, comme pour mieux s’affirmer ou encore pour côtoyer ou atteindre le débordement. Les échanges sont directs et rythmés sur un ton qui évite la complaisance, avec une bonne dose d’humour. Les interprètes sont justes et intenses, avec éclat et panache, il faut le dire. Nos espoirs furieux porte bien son titre et réconcilie une certaine colère avec l’instinct d’une humanité en quête de sens et de sérénité.

À voir à La Chapelle jusqu’au 15 septembre.

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